Vagabondage. [PV. N'importe qui qui veux y répondre.]

♦ Académie Kura Akumu ♦

Kura-Akumu est, en apparence, un hôpital psychiatrique pour les jeunes. Mais ce n'est qu'une apparence. Sous la surface se cache un refuge pour des cas particuliers... Des humains possédant des dons.
 
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Kuro Ryuzaki
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MessageSujet: Vagabondage. [PV. N'importe qui qui veux y répondre.]   Jeu 14 Avr 2011 - 23:17



Bien que j’aie passé toute la nuit à dormir sur le sol, ce fut l’une des meilleures nuits que je n’avais jamais passé. Je m’étais réveillé aux alentours de midi-trente, constatant que la jeune fille avait prit soin de me recouvrir pendant mon sommeil; une démarche pleine de bonté mais toutefois assez inutile. Je n’étais pas si sensible au froid. Les éclats du zénith m’avais tiré du lit ou plutôt du plancher. J’étais affamé, je n’avais pas avalé quelque chose depuis deux jours, mais je m’en accommodais sans trop de mal. Je me retrouvais un peu perdu dans ce nouvel environnement. Je venais d’arriver et je ne connaissais quasiment personne, à l’exception bien évidemment de Shiro’. Étant de nature très prudente, mais également de nature très curieuse, je n’allais pas me résoudre à rester dans ma chambre jusqu’à ce qu’elle daigne venir me rendre visite. J’étais un grand garçon tout de même, je m’étais donc décidé à m’organiser une petite visite de Kura Akumu. Mais ne sachant pas à quoi m’attendre dans les dédales de l’établissement, je subodorais la présence de plusieurs mutants, tous une menace potentielle pour moi étant donné que je ne les connaissais pas. Je pris la décision de jouer la carte de la prudence. J’avais sorti de mon sac noir tout un arsenal de combat. Je plaçais sur mes deux avant bras des modèles de M-ARM 178, bras mécaniques munis de lames acérées. Puis j’enfilais une armure légère mais extrêmement résistante et pour masquer que je portais tout cela sur moi, je me recouvrais d’une cape de couleur noire par-dessus mes épaules. Elle m’arrivait jusqu’au mollets, et une capuche recouvrait partiellement ma tête. Ainsi vêtu, j’étais prêt à toute éventualité de menace ou d’affrontement. Je sortais alors de ma chambre pour commencer mon exploration de l’Académie.

J’avais parcouru ainsi pas mal de chemin et je me retrouvais au niveau du sous-sol, sans rencontrer personne. J’étais dans un couloir assez long, dans lequel était aligné des casiers d’écoliers, sur chaque coté de la voie. Malgré le fait que je sois sous terre, les murs et le plafond ne présentaient pas de trace d’humidité ou de quelconques fissures. On voyait bien le génie architectural japonais, sans faille ni défaut de construction. Mais là n’était pas le plus important. Je n’avais pas croisé un seul étudiant ou membre du personnel depuis mon réveil, ce qui n’était pas normal selon moi. Un autre piège ? Je ne pouvais le croire après avoir accordé ma confiance à cette jeune fille qui m’avait mené ici. Je scrutais les alentours, mais je ne décelais aucune anomalie. C’était un couloir comme les autres, plusieurs ampoules à néons s’alignant sur le plafond, et quelques tableaux représentant des photos des membres du personnel et d’étudiant gradués. Je tentais de renifler mais je ne détectais pas d’odeur récente. Il n’y avait que les odeurs assez vieilles de plusieurs dizaines de personnes, témoignant du haut taux de fréquentation de ce lieu. De plus en plus étrange, comme si toute activité avait cessé depuis quelques temps. Je m’avançais prudemment le long du couloir, mon équipement lâchant des bruits d’entrechoquements métalliques à chacun de mes pas.

« Il y a quelqu’un ? » dis-je calmement.

Je n’avais nul besoin de hausser la voix. Les lieux étaient tellement vides que l’écho était assez puissant pour porter mes paroles au bout du couloir. Je m’arrêtais pour attendre une réponse mais rien. Le silence était le seul maître de la place. Je continuais donc d’avancer scrutant toujours les alentours. Pendant que j’avançais, les souvenirs de la nuit dernière remontaient dans mon esprit. En une soirée, j’avais tiré un trait sur mon passé et j’écrivais aujourd’hui une nouvelle histoire, si possible sans haine ni violence. Mais je ne me leurrais pas non plus, je ne pouvais pas accorder ma confiance au premier venu, je devais garder les pieds sur terre. Je secouais alors doucement ma tête afin de sortir toutes ses pensées pour en revenir à la situation délicate dans laquelle je me retrouvais actuellement. Je me rendais compte que ce couloir était tout de même assez long, je n’avais parcouru la moitié depuis. La raison du vide dans les couloirs s’expliqua alors, lorsque je passais devant l’auditorium. Par la petite vitre sur la porte, je pouvais voir une bonne poignée d’étudiants assis, en train d’écouter un homme exposer. Je regardais ma montre et il était plus de 13h30. Bien évidemment, ils étaient pour la plupart en cours et le personnel devait travailler. Je devais être l’un des rares individus à déambuler comme ceci dans les couloirs. Je continuais à observer cet homme en train de gigoter bizarrement devant ces élèves. Je me demandais ce qui leurs apprenait, après tout ce n’était pas une Académie comme les autres alors je me disais que les cours n’étaient pas exactement comme ceux qu’on délivre dans les institutions publiques. Mais ma curiosité s’arrêtait là, je n’avais aucune intention de m’inscrire aux cours. Je n’en avais pas la motivation et de plus j’étais trop vieux selon moi. Me retrouver avec une bande de gamin dans une salle de classe, très peu pour moi. Je préférais l’action de loin, un entraînement rigoureux tout les jours ne serait pas de refus, mais avait-il ce qu’il fallait pour ça ici ? Trop de question, et je perdais mon temps en des pensées futiles. Je détournais mon regard de l’auditorium et je continuais mon chemin, en faisant claquer mon manteau derrière moi. Quand soudain je m’arrêtais brusquement. Je me suis mis à renifler et je me remettais à scruter autour de moi. Une nouvelle odeur venait de faire son apparition. Ce n’était pas Shiro’ et je n’étais pas en mesure de distinguer si c’était un homme ou une femme. Je pouvais tout de même identifier d’où provenais l’odeur : derrière l’un des casiers quelqu’un m’épiais. Je me tournais alors vers celui-ci.

« Qui est là ? Sort de là, qui que tu sois. » dis-je assez calmement.
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Yume Suimin
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MessageSujet: Re: Vagabondage. [PV. N'importe qui qui veux y répondre.]   Ven 15 Avr 2011 - 12:15

Bien que Yume commençait à s’habituer à son nouveau travail, il était encore surchargé de boulot et en retard. Étant le seul membre du personnel à s’occuper des Cuisines, la majorité du travail lui était accordé. Le jeune homme devait donc faire les courses, ranger et préparer les plats pour les occupants rien qu’en une seule matinée. De plus, il avait eu un inconvénient à Tokyo, ce qui n’arrangeait pas son humeur. D’habitude, il aimait faire son travail mais là, la fatigue commençait à l’irriter.
Sur le plan de travail, en Cuisine, se trouvaient tous les ingrédients nécessaires pour la préparation du repas de midi. Yume n’avait plus beaucoup de temps devant lui.
Les pensionnaires mangeaient avec une telle avidité qu’il fallait toujours préparer beaucoup de portions. Il fallait bien contenter tout le monde …

Yume respira un bon coup et se donna du courage en vue de tout ce travail titanesque qui allait l’occuper pendant quelques heures. Rien ne pouvait désormais le déconcentrer, il était comme absorbé par son travail. Il coupait, hachait, cuisait dans une cadence infernale habituelle. Puis, il se rendit compte que l’heure tournait et qu’il lui manquait des ingrédients essentiels pour le reste du repas. Dès son arrivée, on l’avait bien mit en garde contre les petites habitudes alimentaires des pensionnaires et Yume ne voulait en aucun cas se mettre les élèves à dos. Il s’arrêta net dans son travail. Le lieu où l’on entreposait tout le nécessaire en Cuisine se trouvait à l’autre bout de Kura Akumu. Les Cuisines se situant près du réfectoire et donc, au premier étage et l’entrepôt au troisième sous-sol, le trajet allait être long. Le jeune homme savait que tout ça serait une perte de temps précieux mais il n’avait pas le choix. Il ne voulait pas bâcler son travail.

Il descendit donc les escaliers aussi vite qu’il le pouvait et marchait d’un pas rapide dans les couloirs. Dans le Hall d’entrée, personne ne lui bloqua le passage, ni dans l’autre bâtiment. Les pensionnaires étant encore en cours, la tâche n’en serait que plus facile. Après quelques minutes, Yume arriva enfin devant l’entrepôt. Il prit quelques cartons dont il avait besoin dans ses bras et repartit aussi vite. Il n’avait pas pris sa montre mais il se doutait bien que le temps allait lui manquer. Montant avec peine les escaliers qui séparaient le second sous-sol au premier, il entendit comme un bruit. Une voix grave plutôt, qui semblait résonner dans le couloir. Il s’effraya, ne reconnaissant pas celui qui avait parlé. Il n’était pas là depuis longtemps mais, normalement, il connaissait la majorité des occupants de l’Académie. Yume avança à pas de loup jusqu’aux casiers pour se cacher et déposa les cartons qu’il transportait.

Normalement, le jeune cuisinier était toujours de bonne humeur, ce qui lui permettait de rester calme et détendu, mais, étrangement, en ce moment il était anxieux.

« Que dois-je faire ? Et si c’était un intrus ? » s’inquiéta-t-il.

C’est vrai que le courage était une qualité qui devait lui manquer et de plus, il détestait se battre. Ne sachant pas prendre de décision sans y réfléchir longuement, il ne bougeait pas de sa cachette. Yume savait qu’il devait rejoindre les Cuisines pour reprendre son travail.

« Peut-être que je me fais des idées et que cette voix n’était que le fruit de mon imagination. »

Effectivement, le silence régnait depuis bien longtemps et il n’avait pas beaucoup dormi la nuit dernière. Il finit par se convaincre qu’il n’avait rien à craindre, se détendit et respira un bon coup, riant presque de son imagination trop débordante. Il voulu reprendre ses cartons et partir mais une voix lui glaça le sang.

-Qui est là ? Sort de là, qui que tu sois.

La voix était calme mais rien que cette phrase avait suffit à faire sursauter Yume. Il reprit ses esprits.

« Du nerf ! Tu es un homme oui ou non ? »

Il regarda ses mains, prêt à les utiliser pour endormir son éventuel adversaire et sortit de sa cachette. La personne en face de lui, il n’arrivait pas à déterminer si c’était un intrus ou un pensionnaire. En tout cas, le type était grand. Beaucoup plus que Yume, même. Il était aussi encapuchonné et une cape noire se balançait dans son dos. Pas très rassurant tout ça …
Yume fit un geste de recul et, avec tout le courage qu’il pouvait posséder en ce moment, s’adressa à l’inconnu, dont il ne pouvait pas distinguer le visage.

-Qui êtes-vous ? Si vous êtes un intrus, je vous préviens, je sais me défendre.

Il savait que sa petite taille n’était pas très impressionnante mais il ne se pardonnerait jamais le fait de mettre Kura Akumu et ses pensionnaires en danger. Sans trop savoir pourquoi, à cet instant même, il se promit qu’il s’entraînerait d’avantage pour devenir plus fort et pour protéger l’Académie correctement.
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Kuro Ryuzaki
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MessageSujet: Re: Vagabondage. [PV. N'importe qui qui veux y répondre.]   Mar 19 Avr 2011 - 20:19





Je ne suis pas une personne facile à vivre, j’en étais conscient. Je détestais pas mal de chose en ce bas monde mais l’une des choses dont j’avais le plus horreur, était le fait d’être épié. Et je sais quand je le suis, mon odorat, mon ouïe et ma vue m’ont rarement trompés. En me concentrant sur son odeur, je pouvais reconnaitre l’odeur des fritures et des sauces cuisinières. Je supposais que c’était un type qui travaillait aux cuisines. Par contre, le fait qu’ici je ne pouvais déterminer le sexe de celui qui m’espionnait était dû à l’importante quantité d’odeur qui parsemait l’endroit. J’entendais alors des craquements venant de l’un des casiers, celui où « Il » se cachait. En analysant le bruit de ses mouvements, je devinais de l’anxiété et aussi beaucoup d’hésitation. S’il ne daignait pas se montrer, je devais le déloger de son trou. Je m’approchais alors lentement de l’endroit où il se tenait quand soudain il surgit de sa cachette et fit un mouvement de recul. Je dois avouer que je fus surpris à cet instant-là. Non, pas de peur ou qu’il m’avait fait sursauté, mais plutôt à cause de son apparence. C’était à première vue, un homme. Il n’était pas très grand, du moins comparé à moi. Je devais faire une tête de plus que lui, ce qui lui donne approximativement une taille d’1 mètre 70 environ. Il portait une plume au niveau de son cou, ce qui retint quelques secondes mon attention, mais sans plus. Ses vêtements ne sortaient pas du lot, il portait un simple jean et un t-shirt bleu, par-dessus lequel était enfilé un tablier blanc. Je n’eu aucun mal à deviner qu’il était un membre du personnel. Les tâches de sauces et de crème sur son tablier confirmaient mes soupçons quant à l’endroit où il travaillait. Ce que je n’arrivais pas à déterminer, c’était son âge. Il avait un visage, comment dire, je ne trouve pas d’adjectif approprié à par peut-être androgyne. En effet, il avait un air un peu efféminé, mais peut-être était-ce dû à la couleur plutôt particulière de ses cheveux. Ils étaient bouclés et de couleur bleu, et d’après la teinture qu’ils prenaient, c’était sans aucun doute leur couleur naturelle. Incroyable me disais-je, car ce n’est pas tout les jours qu’on croise un type avec une chevelure bleue. Je m’attendais à une couleur originale pour ses yeux mais ils étaient verts émeraudes, peu commun mais pas si impressionnant. En outre son physique, je me demandais quel genre de pouvoir possédait-il car il était sans aucun doute comme moi, un mutant hébergé ici. Je m’attendais alors à un accueil plus chaleureux de sa part mais j’avais vite oublié que j’étais encore un inconnu, et à la manière dont j’étais vêtu, je ne devais pas inspirer la confiance.
Celui qui était en face de moi m’observait de haut en bas, mais ne semblait pas pouvoir distinguer mon visage, sûrement dû à la capuche qui recouvrait ma tête. Il tremblait légèrement. Était-il effrayé ? Pour un homme, il ne me paraissait pas exceptionnellement courageux. Ce qu’il dit par la suite était surprenant venant d’un individu comme lui.

« Qui êtes-vous ? Si vous êtes un intrus, je vous préviens, je sais me défendre. » dit-il dans un ton à la fois agressif et hésitant.

Il avait une voix plutôt douce pour un homme, mais elle restait tout de même une voix masculine. Face à un adversaire qui faisait presque deux fois son poids, il en avait du courage. Les pensionnaires de Kura Akumu étaient décidément des individus plus qu’intéressant. Ce n’était que le deuxième membre de l’Académie que je rencontrais et il a déjà réussi à me surprendre. Je n’avais pu retenir mon rire à ce moment-là. Un rire sarcastique et quelques peu moqueur.

« Hey le cuistot, c’est toi, le gardien de Kura Akumu? Tu me fais rire! » lui dis-je, dans un ton plutôt arrogant. Je voulais un peu m’amuser avec ces nerfs alors j’activais le mécanisme de l’un des M-ARM 178 afin de faire jaillir de lames métallique que je présentais devant mon visage. « T’es pas un peu petit pour ça, cordon bleu ? » finissais-je en enlevant ma capuche, révélant mon visage affichant un sourire au coin.

Je me tenais toujours devant lui, toujours les larmes dégainées et mon sourire disparu presqu’aussi rapidement qu’il était apparu. Bien que son attitude de « héros » m’amusait quelque peu, je n’avais pas de temps à perdre. En effet, bien que Shiro’ m’ait invité à rejoindre l’Académie, je n’étais pas encore enregistré et officiellement parlant j’étais, comme le disais ce jeune homme à la touffe bleue, un intrus.Je devais trouver un responsable dans les plus brefs délais avant d’attirer encore plus l’attention sur moi, surtout que physiquement, je ne passais pas inaperçu. De plus, je ne voulais pas attirer d’ennuis à Shiro’ pour avoir emmené un inconnu chez elle, surtout à des heures si tardives. En me creusant bien la tête, ce jeune homme avait tout de suite vu que je n’étais pas de l’Académie. Cela signifiait qu’il connaissait tout les pensionnaires et s’il était bien un membre du personnel, alors peut-être devrais-je solliciter son aide bien que cela ne me ressemble pas vraiment. De toute façon c’était ça, soit perdre une demi-journée à trouver le bureau du directeur. Il fallait bien que me résigne.

« Marmiton, tu dois sûrement connaître Kageyama Shiro’. Une gamine haute comme ça, avec des cheveux blonds. » lui demandais-je en essayant de lui indiquer à peu près la taille de Shiro’.

Je remarquais que le jeune homme me fixait avec un regard plein d’inquiétude. Pensait-il que je voulais faire du mal à la jeune fille? Il faut dire que vêtu ainsi, je n’inspirais pas trop confiance. Mais après tout je me fichais pas mal de ce qu’il pouvait penser de moi et s’il voulait se battre, je me défendrais à coup sûr. Mais comme je suis amené à le côtoyer plus souvent et que je ne voulais pas mourir empoisonné (oui, on ne sait jamais avec les cuisiniers en colère!), je devais un peu rectifier le tir.

« Fait pas cette tête le gâte-sauce. » dis-je en lâchant un gros soupir. « Je ne suis pas un ennemi, je viens d’arriver hier soir et comme il était assez tard, je n’ai pas pu m’enregistrer. Je cherche Miss Kageyama pour me guider, mais puisque tu es là, tu vas peut-être m’aider. » finissais-je ma phrase en le pointant du doigt.

J’avais oublié que mes lames étaient toujours dégainées. Je désactivais alors juste après mes bras mécaniques et les lames regagnaient de nouveau leurs fourreaux. Je m’avançais un peu pour m’arrêter à côté de lui, pendant que ce dernier me fixait sans rien dire. À première vue, on pourrait penser que c’était une personne plutôt faible et maladroite. Mais je pouvais percevoir derrière ce cet aspect timide quelque chose de plus profond, une immense tristesse je dirais et peut-être un peu de rancœur. À moins que je me trompe ce qui est rare quand c’est mon instinct qui me guidait. Car nous autres qui possédons des dons, nous avons tous un peu souffert de notre nature différente et je ne doutais pas que ce jeune homme avait vécu là même chose.
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MessageSujet: Re: Vagabondage. [PV. N'importe qui qui veux y répondre.]   Sam 30 Avr 2011 - 12:49

Depuis son arrivée dans l’Académie, Yume voulait devenir fort. Ne plus être cet homme faible, trouillard et qui se cache constamment derrière un sourire. Il se détestait, à force. Il avait toujours voulu faire passer le bonheur des autres avant le sien. Le jeune homme n’aimait pas se battre ni être une personne violente. Néanmoins, il commençait à comprendre qu’il était faible et que son don n’était pas du tout développé pour le défendre. Rien qu’en voyant cet intrus devant lui, dans ce couloir, il comprit. Yume se promit que s’il s’en sortait, car il pensait toujours que l’intrus était dangereux, il s’entraînerait nuit et jour pour combler son manque de courage et de puissance. Il jaugea l’homme en cape. Ce dernier faisait sûrement pareil, car aucun des deux hommes ne bougeait ou parlait pendant un long instant. Ces précieuses secondes étaient déterminantes. Le jeune homme aux cheveux bleus tentait tant bien que mal de se calmer.

Le cuisinier laissa ses cartons de côté. Eux, ne risquaient pas grand-chose. Ce qu’ils contenaient, par contre, risquait de se faire très vite engloutir par les étudiants ! Yume se concentrait au maximum pour analyser la situation. Lui, était de faible constitution, pas très musclé ni viril, et encore moins un danger potentiel. Celui en face était son opposé parfait. Yume pouvait regretter ses paroles et son courage presque inutiles. Mais il restait droit, il avait peur mais ne voulait pas le montrer. Peut-être était-ce à cause de cette retenue qu’il tremblait légèrement. Ou alors à cause d’un nouveau sentiment qui l’habitait : l’adrénaline, l’envie de se battre, l’instinct de survie … Yume ne le savait lui-même. Tout ce qui importait pour lui, c’était de ne montrer aucun signe de faiblesse. L’homme en face de lui ria de bon cœur, sûrement à cause de ce que le cuisinier avait dit. Le jeune homme aux cheveux bleus se sentit presque vexé.

-Hey le cuistot, c’est toi, le gardien de Kura Akumu? Tu me fais rire!

Le ton n’était pas amical, ce qui serra de nouveau le cœur de Yume. Non ! Il se voulait fort. Mais devait-il pour autant devenir froid ? Cela empiétait sur ses principes de vie. Comme si sa situation n’était pas assez compliquée avec l’inconnu, un dilemme s’insinuait dans son esprit. Et pour ne pas lui laisser le temps de réfléchir, l’encapuchonné fit sortir des lames en métal de ses bras. Yume sursauta.

« Qu’est-ce que … ? »

-T’es pas un peu petit pour ça, cordon bleu ?

L’homme se dévoila enfin, enlevant sa capuche. Ses yeux, d’un gris étrange, semblaient refléter quelque chose de sinistre, impossible à comprendre. Le reste de son visage ne rassurait guère Yume. Les lames s’entrechoquèrent devant son propre visage. Il ne semblait pas amical, encore moins joueur. C’était un danger potentiel. Yume ne savait que faire, sachant qu’il ne ferait pas le poids contre un adversaire aussi imposant et bien équipé. Il serra les poings, prêts à endormir son adversaire. Du moins, s’il arrivait à s’en approcher en un seul morceau. La conversation tournait court. Que pouvait-il dire ou ajouter ? Il s’en voulait d’être terrifié et il était terrifié de s’en vouloir !

-Marmiton, tu dois sûrement connaître Kageyama Shiro’. Une gamine haute comme ça, avec des cheveux blonds.

Au moins, cela détendit un peu l’atmosphère. Mais Yume ne se souvenait pas de ce nom. Étant là depuis peu, il ne retenait pas encore les noms ni les visages. Mais même s’il la connaissait, pourquoi le dirait-il à cet homme ?

« Que lui veut-il à cette fille ? »

Tout s’embrouillait dans sa tête. Mais il fixait intensément les yeux gris de l’inconnu. Peut-être y décèlerait-il une faiblesse ou au moins quelque chose qui le sauverait !

-Fait pas cette tête le gâte-sauce. Je ne suis pas un ennemi, je viens d’arriver hier soir et comme il était assez tard, je n’ai pas pu m’enregistrer. Je cherche Miss Kageyama pour me guider, mais puisque tu es là, tu vas peut-être m’aider.

Il soupira en même temps que l’inconnu. Heureusement, car il ne voulait pas que ce grand homme perçoive en lui une quelconque faiblesse, encore. C’en était presque fatiguant de paraître fort et fier … Le type rentra ses lames et avança vers Yume. Le bruit du métal résonna pendant quelques secondes à peine. Comme si rien ne s’était passé. Comme un souvenir, un rêve … Le jeune homme ne savait comment réagir. Évidemment, il se sentait mieux que tout à l’heure, beaucoup moins stressé et nerveux. Il se méfiait un peu. Le danger était peut-être passé mais Yume resta sur ses gardes.

-Et bien, quelle entrée, commença-t-il pour se calmer. Je connais un peu les lieux, je pense savoir où je dois vous mener.

Et c'était presque un reproche. Il tentait de garder un ton froid. C’était le seul timbre de voix qui ne tremblait pas, enfin, pour le moment. Il n’avait pas réfléchir à la future réaction de l’inconnu. Autant d’indifférence peu en froisser plus d’un, surtout que Yume n’avait pas l’habitude d’être aussi peu accueillant. Voilà qu’il commençait à culpabiliser ! Il devait s’endurcir et là, le chemin allait être long. Très long. Par contre, là, il savait où il devait emmener l’inconnu. Vers le Rez-de-chaussée, le Hall donc, avec l’administration et ce qui va avec. Yume reprit finalement ses cartons. Quelques odeurs d’épices en sortirent. Il ne suffit que ça pour remonter le moral de Yume. Un peu. Il se releva, faisant bien attention de ne rien faire tomber, puis se rendit compte qu’il était vraiment en retard. Les pensionnaires n’allaient pas être contents ! Il faut dire qu’ils ont des estomacs très délicats ! Yume ria intérieurement. Ce métier et cette vie lui plaisaient tant, alors pourquoi se sentait-il autant vide ? À cause d’un simple manque de force ? Yume finit par ouvrir la marche et indiqua de la tête les escaliers au ‘visiteur’.
Il fit quelques pas puis se retourna pour être sûr que l’autre le suivait bien. Ce n’était pas que le chemin était dur à trouver, il n’y avait qu’un couloir et des escaliers, mais le jeune homme s’assurait que l’inconnu ne lui fausse pas compagnie.

Pendant un moment, Yume voulu lui demander comment il était possible de s’endurcir. Mais cette question l’aurait sûrement … discrédité ? Demander plus de force prouve qu’on est faible. Ce n’était pas le moment, de plus, le Cuisinier ne connaissait rien de son interlocuteur. Peut-être qu’on le menait en bateau. Peu lui importait, c’était mieux que de rester dans ce couloir à ne rien faire. Il grimpa finalement les escaliers en silence.
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